Parler à son partenaire

« Je me rends compte que je ne peux rien dire, car il se sent impuissant. » (Revicki V, 2008)

La réponse de la femme à l'éjaculation précoce (EP) de son conjoint évolue au fil du temps : une femme peut commencer par éviter de soulever le problème de peur de blesser les sentiments de l'homme et/ou d'accroître son sentiment d'impuissance. Ceci peut conduire à une « connivence silencieuse », aucun des partenaires n'étant disposé à parler du problème. Plus tard, elle peut soulever la question, mais être confrontée au déni de l'homme ou à ses réticences à aborder le sujet, ce qui peut générer des sentiments de frustration, de colère et de mépris envers l'homme. En l'absence de traitement, la situation peut engendrer une irritabilité accrue, des difficultés interpersonnelles et un plus grand fossé émotionnel. Ce que l'homme interprète comme des jérémiades, la femme le perçoit comme de l'indifférence.

Un médecin peut identifier et diagnostiquer une éventuelle EP et, si nécessaire conseiller un traitement adéquat. Le seul fait de parler de cette dysfonction sexuelle peut parfois être un problème et seuls 9 % des hommes souffrant d'EP consulte. Une femme, qui partage le fardeau de l'EP peut également participer à la recherche d'une solution. Les femmes jouent en fait un rôle essentiel en aidant le partenaire à se rendre compte du problème et à trouver une solution. C'est souvent grâce à leur femme que les hommes demandent de l’aide.. Il est primordial que les hommes souffrant d'EP mettent tout en œuvre pour briser la glace, sachant que des solutions existent. Il existe des outils qui peuvent aider les hommes souffrant d'EP et leur compagne à obtenir une évaluation plus objective ; par exemple le test PEDT (un outil pour évaluer le problème d’éjaculation précoce).  Le PEDT ne remplace toutefois pas un diagnostic médical.  En savoir plus et effectuer le test PEDT.

Tandis que certains hommes veulent cacher leur pathologie, des études ont montré que les couples qui communiquent ouvertement et en toute honnêteté sur la dysfonction sexuelle masculine ont plus de chance de régler efficacement le problème. Les hommes qui impliquent leur compagne découvrent souvent qu'elles s'intéressent tout autant à l'intimité sexuelle et sont prêtes à leur apporter leur soutien. Il est alors plus facile pour les couples d'aborder le problème ensemble.

Une femme est capable de parler à son partenaire avec tact, l'aidant à prendre conscience du problème. Elle joue un rôle fondamental en soutenant son conjoint, qui doit comprendre que ce problème peut être pris en charge .

Un conseil : il est important d'aider le couple à comprendre que faire l'amour ne se limite pas à augmenter la durée des rapports. Prendre son temps est nécessaire, mais ne suffit pas à rendre une expérience sexuelle réellement gratifiante ! Apprendre à élargir son « terrain de jeu amoureux » et à partager de plus grandes aptitudes érotiques peut aider le couple à passer de la perspective minimaliste de performance liée à la durée à un répertoire sexuel plus varié, riche et gratifiant. C'est pourquoi l'approche thérapeutique idéale de l'EP implique des changements de mode de vie, des conseils psychosexuels pour le couple (la femme peut aussi avoir besoin d'aide pour d'autres problèmes ou préoccupations !) et,  éventuellement des médicaments.

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